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Chez les romains, Proserpine fut sans doute une déesse agraire à l'origine.
Elle présidait à la germination. Puis elle a été assimilée à la Perséphone grecque. sans doute à cause de son caractère de divinité chtonienne .
Son culte a été officiellement introduit à côté de celui de Dis Pater (assimilé à Hadès), en 249 avant notre ère
On célébra alors en leur honneur des " Jeux Tarentins", appelés ainsi, à cause de la ville de Tarente.

LEGENDE. mythologica.fr

Pendant une violente épidémie qui ravageait la ville et le territoire, un riche particulier du nom de Valesius, qui vivait à la campagne, voyait ses deux fils et sa fille malades, au point que les médecins eux-mêmes en désespéraient. Allant prendre pour eux de l'eau chaude à son foyer, il se mit à genoux et conjura ses dieux lares de détourner sur sa propre tête le danger qui menaçait ses enfants.


Proserpine d'après Ann Yvonne Gilbert

Alors se fit entendre une voix lui disant qu'il les sauverait en les transportant aussitôt, par la voie du Tibre, à Tarente et en les réconfortant à cet endroit avec de l'eau prise à l'autel de Pluton et de Proserpine.
Cette recommandation l'embarrassa beaucoup, car on lui prescrivait une navigation longue et périlleuse. Cependant une vague espérance triompha en lui de cette vive appréhension et tout de suite il transporta ses enfants au bord du Tibre : il habitait en effet une maison de campagne près du village d'Érète, au pays des Sabins. De là, s'embarquant pour Ostie, il aborda au milieu de la nuit au Champ de Mars. Comme il désirait soulager la soif de ses malades et qu'il n'avait pas de feu dans sa barque, celui qui la conduisait l'avertit qu'à peu de distance de là on voyait de la fumée. Cet homme l'ayant fait descendre à Tarente (tel est le nom de ce lieu), il s'empressa de prendre un vase, puisa de l'eau au fleuve et, déjà plus content, la porta à l'endroit d'où l'on avait vu s'élever de la fumée, croyant avoir trouvé tout près de là et comme en suivant une trace, le remède indiqué par les dieux. Sur ce sol qui fumait plutôt qu'il ne contenait un reste de feu, s'attachant fermement à ce signe plein de promesses, il rassembla de légères matières combustibles que le hasard lui avait présentées et, à force de souffler il en fit jaillir une flamme, fit chauffer son eau et la donna à boire à ses enfants.
Ceux-ci, après l'avoir bue, s'endormirent d'un sommeil salutaire et furent tout à coup délivrés d'une si longue et si violente maladie. Ils racontèrent à leur père qu'ils avaient vu en songe je ne sais quel dieu qui leur essuyait le corps avec une éponge, en leur prescrivant d'immoler des victimes noires devant l'autel de Pluton et de Proserpine, d'où cette eau leur avait été apportée, et d'y célébrer des banquets sacrés avec des jeux nocturnes. Comme Valérius n'avait point aperçu d'autel dans cet endroit, il crut qu'on lui demandait d'en élever un.
Il alla donc à Rome pour en acheter un, laissant sur place des gens chargés de creuser la terre jusqu'au tuf pour y construire de solides fondations. En conséquence des ordres de leur maître, ceux-ci creusèrent le sol jusqu'à une profondeur de vingt pieds et aperçurent alors un autel avec cette inscription : à Pluton et à Proserpine. Sur l'avis qu'un esclave lui apporta de cette découverte, Valesius renonça à son projet d'acheter un autel. Prenant des victimes noires qu'autrefois on appelait "sombres", il les immola sur ce lieu nommé Tarente et célébra des jeux et un banquet sacré pendant trois nuits consécutives, c'est-à-dire en nombre égal à celui des enfants qui lui avaient ainsi été sauvés d'un danger de mort.

VALERE MAXIME, Des faits et des paroles mémorables (II,4,5)

Enlècement de Proserpine d'après A. Allori
Enlèvement de Proserpine d'après Alessandro Allori (1570)
© 2008 The J. Paul Getty Trust. All rights reserved.

Tandis que, dans ce bois joue Proserpine, qu'elle y cueille des violettes ou des lis blancs, tandis que, avec tout le zèle d'une jeune fille, elle en emplit des corbeilles et les plis de sa robe, qu'elle s'efforce de l'emporter sur ses compagnes dans sa cueillette, presque en un même elle fut aperçue, aimée et enlevée par Pluton;
telle est la promptitude de l'amour. la déesse, effrayée, appelle avec des cris désespérés sa mères et ses compagnes, mais plus souvent sa mère, et comme elle avait déchiré sa robe depuis le col, les fleurs cueillies tombèrent de sa tunique dénouée. Et, si grande était l'ingénuité de ses années enfantines, que cette perte aussi chagrina son âme virginale. Le ravisseur pousse son char, excite ses chevaux qu'il interpelle chacun par son nom; sur leurs cous et leurs crinières, il secoue les rênes teintent de rouille sombre.

OVIDE Métamorphoses V, 393 sqq

LEGENDE. mythologica.fr

L'enlèvement de Proserpine est un sujet fréquent dans l'art. (voir aussi Perséphone)
En sculpture l'oeuvre majeure est le groupe de Bernini conservé à la Galerie Borghese.
En peinture elle apparait souvent, attentive, à côté de son époux comme dans les tableaux de Rubens ou de Perrier.

Enlèvement de Proserpine
d'après Bernini Galerie Borghese
Proserpine de Tarente

FILIATION. mythologica.fr

Cérès Jupiter
PROSERPINE
Epoux* / amant Enfants
Pluton*  

BIBLIOGRAPHIE. mythologica.fr

  • Encyclopédie Universalis.
  • Dictionnaires et encyclopédies Larousse tous types et tous siècles.
  • Dictionnaire de la civilisation romaine de JC Fredouille chez Larousse (1996).
  • Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio.
  • Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de P. Grimal (PUF 1999).
  • Nouveau dictionnaire de la mythologie de R. Jacquenod (Marabout 1998)
  • Mythologie Romaine de Frederic Miller, Agnes Vandome ( Alphascript 2010)
  • La mythologie romaine de F. Noiville et Y. Gateau (Acte sud 2011)
  • Histoire Romaine de Tite-Live (Flammarion 1999)
  • Histoire romaine de M. Le Glay, JL Voisin, et Yann Le Bohec; ( PUF 2005)
  • Histoire de la civilisation romaine H. Inglebert, P. Gros, & G. Sauron ( PUF2005)
  • Histoire romaine, de D. Briquel, G. Brizzi, JM Roddaz, & F. Hinard (Fayard 2000)

SOURCES ANTIQUES. mythologica.fr

  • Ovide, Métamorphoses: V, 341-408 ; VI, 114
  • Ovide, Fastes: IV, 417




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