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Cérémonie d'initiation destinée à « faire un chevalier » selon un rite précis, dont la mention n'apparaît dans les documents que dans la seconde moitié du XVe siècle.

Education du chevalier. mythologica.fr


the accolade d'après leighton1901 CP

L'art difficile de la guerre nécessite un long apprentissage, que le père peut donner à son fils, mais qui est le plus souvent le fait d'un riche parrain laïque auquel les parents confient le jeune postulant dans l'espoir que celui-là pourvoira à son équipement et peut-être même lui concédera un fief nourricier.
Laissé aux mains des femmes jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de raison (sept ans), l'enfant est, pendant cinq ans environ, initié par son père aux premiers secrets de l'équitation, de l'escrime et de la chasse. Il est ensuite confié en général à son suzerain immédiat, dont il devient l'un des nourris. Qualifié de damoiseau s'il est de noble race ou de varlet si sa naissance est moins illustre, il doit d'abord remplir au service de son maître d'humbles besognes domestiques : l'aider dans sa toilette et dans sa vêture; soigner, dresser, harnacher et présenter ses chevaux; servir et découper les mets à table; préparer les armes de chasse et dresser les chiens et les faucons qui traqueront le gibier; enfin et surtout entretenir les armes guettées par la rouille, vérifier la résistance de chacun des éléments de la cotte de mailles, s'assurer de la taille et du fil des armes offensives. Par là débute l'éducation véritable du futur chevalier, qui la parfait en suivant son maître jusqu'aux abords du champ de bataille, où, théoriquement, il doit se contenter de porter son écu — d'où son titre d'écuyer —et de tenir des armes de rechange à sa disposition, mais où il lui arrive très souvent de participer personnellement au combat si les circonstances le commandent. Au bout d'un laps de temps assez variable, mais qui a eu tendance à s'allonger de trois à neuf ans entre le XIe et le XIIIe siècle., le jeune guerrier âgé de quinze à vingt ans est enfin reconnu apte à entrer en chevalerie par l'adoubement. Sa vie d'homme commence.

Adoubement. mythologica.fr

L'adoubement débutait par la remise des armes (épée, lance, éperons, haubert, heaume et bouclier) au jeune impétrant par un chevalier plus ancien qui lui servait de parrain. Presque toujours, celui-ci lui assenait aussitôt du plat de la main un grand coup sur la nuque et sur la joue : la « colée », ou « paumée », que les Allemands qualifiaient d' « adoubement » (d'un verbe germanique qui signifiait « frapper »). Le terme d'adoubement finit par s'appliquer à l'ensemble de la cérémonie, qui s'achevait par une fête.

Adoubement
Cérémonie de l'adoubement © Bibliothèque de l'Arsenal XIIIe siècle.

Etant monté en selle, en général d'un seul bond et sans éperons, le nouveau chevalier s'efforçait de transpercer d'un seul coup de lance un mannequin de bois protégé par un solide bouclier; le mannequin, placé sur un pivot, tournoyait sur lui-même s'il n'était pas frappé en plein coeur et lançait une lourde masse sur la nuque du chevalier maladroit, ainsi couvert de honte. Un tournoi, un grand festin, les tours des jongleurs, la lecture de chansons de geste terminaient généralement la cérémonie.
En fait, son rite essentiel restait la cotée, qui avait peut-être moins pour objet de commémorer l'entrée en chevalerie que de transmettre, par un contact direct entre le corps de l'adoubeur et celui de l'adoubé, « influx » chevaleresque du premier.

BIBLIOGRAPHIE. mythologica.fr

  • Encyclopédie Universalis.
  • Dictionnaires et encyclopédies Larousse tous types et tous siècles.
  • Mythes et mythologie de Félix Guirand et Joël Schmidt (Larousse 1996).
  • La légende du roi Arthur de Ariane Bilheran (Larousse 2010).
  • Légendes médiévales de Bise Gabriel (Minerva 1980).
  • Mythes et légendes du monde entier (Lodi 2006).
  • La légende arthurienne (Editions Robert Laffont 1998).
  • Les Chevaliers de la Table Ronde de Jacques Boulenger (Gründ 2006).
  • Arthur et la Table ronde de Anne Berthelot (Gallimard 1996).
  • Légendes de la chevalerie de Vladimir Hulpach et Marketa Siskova (Gründ 2003)
  • Le Roi Arthur et les Légendes de la Table Ronde de Molly Perham (Coop Breizh 99).
  • Le Moyen Age: 150 jeux pour apprendre... de H. Soumet et L. Retourné-Kusberg (Eyrolles, 2011).
  • A la recherche du Roi Arthur de Christopher Snider (Le Pré aux clercs 2001).
  • La vie de Merlin par Geoffrey of Monmouth (1150).
  • Le cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley (Livre de Poche 2007).
  • Bibliographie plus complète







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