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Les Hyperboréens formaient un peuple qui habitait aux confins septentrionaux du monde connu. Leur pays, appelé Hyperborée, était parfait, avec le soleil qui y brillait constamment. Les hommes, végétariens, y vivaient plus longtemps sous des cieux cléments et étaient d'une grande piété. Apollon y passait les hivers et sa mère Léto était native d'Hyperborée. ![]() Apollon monté sur un griffon. Les vierges Laudice et Hypéroché vinrent du pays des Hyperboréens à Délos, escortées par les Perphères, cinq envoyés hyperboréens. Elles venaient offrir à Apollon et à Artémis de la laine et des gâteaux d’où leurs surnoms d'Amallophores et d'Oulophores. Antérieurement à la venue des Perphères, l’île sainte avait noué des communications avec l’Hyperborée. C'est ici le lieu de donner l'historique de ces relations, qui, sous la forme de migrations individuelles ou collectives, retracent diverses phases du culte d’Apollon. Le premier qui, suivant les légendes en vogue à Délos, quitta la Scythie (hyperboréenne) pour parcourir la Grèce, fut Abaris. — Après Abaris, le premier témoignage d'une nouvelle communication entre l'Hyperborée et l'Ile sainte, est la tradition relative au voyage d'Argé et d’Opis : ces deux vierges vinrent à Délos, en compagnie des dieux mêmes, apporter à Ilithye le tribut qu'elles étaient chargées d'offrir pour le prompt et heureux accouchement des femmes de leur pays. Les Déliens rendirent à ces vierges des honneurs funèbres; ils brûlaient les cuisses des victimes sur leurs tombeaux, et chantaient en leur honneur un hymne composé par Olen. De Délos, cet usage passa dans l'Ionie. — Plus tard, mais dans le même siècle, deux autres vierges hyperboréennes, Hypéroché et Laodice, vinrent apporter des offrandes à Délos, en compagnie des cinq Perphères. Les deux vierges moururent à Délos. Leurs compatriotes les attendirent longtemps; regardant comme une chose très-fâcheuse s'il leur arrivait de ne jamais revoir leurs émissaires, ils prirent le parti de porter jusqu’à leurs frontières leurs offrandes, enveloppées dans de la paille de froment; ils les remettaient ensuite à leurs voisins, les priant de les accompagner jusqu'à une autre nation. Ces offrandes, disait-on, passaient d'abord chez les Scythes; transmises ensuite de peuple en peuple, elles étaient portées le plus loin possible vers l'occident, jusqu'à la mer Adriatique; de là, on les envoyait du coté du sud. Les Dodonéens étaient les premiers Grecs qui les recevaient. Elles descendaient de Dodone Jusqu'au golfe Maliaque, d'où elles passaient en Eubée, et, de ville en ville, Jusqu'à Caryste. Les Carystiens les faisaient passer à Ténos, et, de ce dernier lieu, elles atteignaient enfin leur destination définitive. Du temps d'Hérodote (IV 33), ce singulier mode de transport n'existait plus qu'à l'état de tradition, mais les Dériens rendaient encore de grands honneurs à Hypéroché et à Laodice. Les jeunes hommes et les jeunes filles leur consacraient leurs cheveux, au moment des noces, et les déposaient sur leur tombeau, où l'on voyait un olivier qui avait cru spontanément. On se rappelle que, selon Pindare, Hercule avait apporté cet arbre de l'Hyperborée. — Pausanias (I,4§4) raconte une version légèrement différente : au lieu de deux vierges, ce sont deux héros hyperboréens, Hypérochos et Laodicos, qui, assistés d'un troisième individu, Pyrrhos, se sont rendus à Delphes, et non à Délos. Ils aidèrent les Delphiens à se défendre contre les Gaulois. La même légende semble se retrouver dans un passage d'Hérodote (VIII, 39), mais, avec des divergences considérables. Les protecteurs du temple d'Apollon sont deux héros delphiens, Phylacos et Autonoos, devant lesquels les Perses prennent la fuite, pendant que le dieu signale sa puissance par des prodiges effrayants.
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