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Dieu à tête de bélier qui régnait sur la région de la première cataracte d'où surgissaient les eaux de l'inondation.

LEGENDE. mythologica.fr



Il fit apparaitre les premiers êtres vivants sur son tour de potier.

Khnoum
Khnoum

Khnoum – Gardien des sources du Nil, ce dieu de la première cataracte, adoré dans la haute vallée du Nil, est associé à l’eau nourricière dont il commande la crue. C’est une divinité très ancienne dont le culte, initialement local, finit par se confondre avec celui de Rê. Sur les murs du temple d’Esna, un texte gravé au 1er siècle après J.-C. raconte qu’il serait le véritable père des Hommes, la source de toute vie, façonnant Pharaon et les humains sur son tour de potier. Aidé de Ptah, dieu momiforme de la ville de Memphis, patron de la royauté et régent des fêtes jubilaires, il obéit aux ordres de Thot, dieu lunaire à tête d’ibis, patron des scribes et archiviste des dieux. Ce potier sacré utilise le limon fertile du Nil pour modeler les corps et leur insuffle ensuite le ka, l’âme. Son instrument emblématique, le tour de potier, est doté d’un mouvement de rotation évoquant à la fois les grands cycles de l’année (crues du Nil, passage des saisons…) et de l’existence humaine : naissance, vie mort, renaissance… C’est le mouvement originel de ce tour qui crée la vie. Le nom même de Khnoum vient de khnem, signifiant "construire", le Créateur, celui qui bâtit l’univers matériel et assure sa permanence et sa reproduction.

Ce dieu bénéfique à tête de bélier s’avère l’un des meilleurs amis des hommes dans la mythologie égyptienne, même si on peut toujours craindre ses caprices. Le symbole du bélier le définit comme une source de vie, communiquant son inépuisable énergie aux êtres et aux choses, animant l’humanité et l’ensemble du vivant en insufflant aux femmes l’énergie créatrice. Chaque naissance ou récolte témoigne de sa prodigieuse virilité. Dans les représentations originales de la théogamie (le mariage des dieux), il participe à la naissance du futur pharaon, engendré par un dieu qui a pris la place du roi. C’est l’Egypte, elle-même qu’il aide ainsi symboliquement à se perpétuer et à se régénérer rituellement.

Source de toute vie, Khnoum est à la fois associé au Soleil qui fait lever les récoltes et à l’eau du Nil qui les fertilise. Ses nombreux noms attestent le caractère multiple de ses attributions : "démiurge", "gouverneur des deux terres", "porteur de lumière", "gouverneur de la maison de vie", "seigneur des terres de la vie", "maison de la vie", c’est-à-dire aussi bien le corps féminin que la caverne secrète, tout en haut de la vallée du Nil, d’où jaillit périodiquement l’inondation bienfaisante.

Dieu de la Cataracte, Khnoum est adoré comme le gardien des sources du Nil, qui libère les eaux du fleuve. Son lieu d’élection est la caverne de Hâpy, à Eléphantine : c’est d’elle, selon la légende, que surgit la crue, quand Khnoum accepte de la laisser partir. Les représentations du dieu portant une croix ankh à la main et une jarre sur la tête prouvent que c’est de lui, et de lui seul, que dépend l’inondation dont il est le maître et le grand dispensateur. Khnoum joue ainsi un rôle majeur dans l’imaginaire de l’Egypte antique, tout entier centré sur le cycle régénérateur de la crue. Lui rendre un culte est fondamental : la crue arrive certes tous les ans, mais peut être plus ou moins bénéfique, plus ou moins tardive. Son retard, dans une économie sans cesse menacée de pénurie, est synonyme d’épuisement des réserves et de début de famine. Les prêtres de Khnoum, chargés du bonheur de l’Egypte entière, ont pour devoir de satisfaire un dieu dont la colère ou le mécontentement peut provoquer la famine, la ruine, voire la mort de tout un peuple. C’est pour cela que le culte du dieu de vie a perduré jusqu’aux premiers temps du christianisme. On trouve son nom dans les écrits de certaines sectes semi-chrétiennes des premiers temps de l’Eglise, certains prétendent même que la figure grecque du diable lui aurait emprunté quelques traits symboliques, notamment ses cornes torsadées.

BIBLIOGRAPHIE. mythologica.fr

  • Dictionnaire des mythologies en 2 volumes d'Yves BONNEFOY, Flammarion, Paris 1999.
  • Mythes et mythologie de Félix Guirand et Joël Schmidt (Larousse 1996)
  • Dictionnaires et encyclopédies Larousse tous types et tous siècles
  • Encyclopédie Universalis.
  • Encyclopédie de la mythologie d'Arthur Cotterell Edition Parragon 2004.
  • Encyclopédie illustrée de la mythologie de A. Cotterell et R. Storm. Editions de l'Orxois 2000.
  • Mythes et légendes du monde entier Editions de Lodi 2006.
  • Mythes égyptiens de George Hart Editions du seuil 1993
  • Nouveau dictionnaire de mythologie égyptienne par Isabelle Franco Editions Pygmalion 1999
  • Collection "Passion de l'Egypte" Editions Atlas 2003





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