RAMSES II (1/2)


Roi d'Egypte de 1298 à 1235 av. J.-C. Fils de Seti 1er, il est le troisième souverain de la XIXe dynastie, qui a pris le pouvoir vers 1314, soixante ans après le bref épisode d'Amarna. Les années troublées qui suivent directement celui-ci (règnes de Smenkhkarê, de Toutankhamon, de Ai) sont mal connues; mais on sait que, vers 1339, le général Horemheb, qui a su conserver l'intégrité des frontières de l'Empire menacé, est désigné comme: roi par un oracle d'Amon; il restaure l'Empire et l'Etat. Sans héritiers, il adopte pour successeur un général originaire, semble-t-il, de Tanis, Ramsès Ier, qui, très vite, associe son fils Seti Ier au trône. Avec cette dynastie de monarques guerriers, provenant des marches de l'Asie, la politique, égyptienne devient résolument impérialiste, l'idéologie se fait violente: Amon rétablira par la terreur la domination du roi, qui sera « celui qui s'élance sur ses ennemis comme un lion terrible, qui entasse leurs cadavres auprès de leurs vallées, qui les renverse dans leur sang... » Quand Ramsès II monte sur le trône, la situation extérieure est de nouveau menaçante. Il y a un danger principal: le royaume du Hatti (constitué dans la région des plateaux de l' Anatolie actuelle lors des invasions indo-européennes du IIe millénaire av. J.-C.) et son actif souverain, Mouwattali. Une intense activité diplomatique a permis à celui-ci de nouer un réseau d'alliances en Asie Mineure, constituant ainsi un bloc de puissance politique rival du «groupe» égyptien; de plus, à l'hégémonie économique de l'Egypte en Méditerranée, le Hatti oppose maintenant une politique concurrente en Egée, à laquelle la puissance mycénienne (succédant à celle de la Crète) donne une importance nouvelle; les commerçants des îles égéennes se tournent naturellement vers le Hatti, installé sur les côtes occidentale et méridionale de l' Asie Mineure. La clef de cette double hégémonie est la Syrie et les ports phéniciens; Ramsès et Mouwattali se préparent ouvertement à la lutte. Ramsès, militaire avisé, installe ses bases et renforce ses armées. Il transporte d'abord sa résidence à Pi-Ramsès, à la frontière orientale de l'Egypte. (L'emplacement exact de la ville est controversé; Pierre Montet [1885-1966] le confondait avec celui de Tanis ou d'Avaris.) Cette «remontée» de la capitale vers le nord est un fait important, tant du point de vue économique (en effet, les villes du Delta oriental, Tanis, Bubastis, Athribis, sont alors de grands centres commerciaux, et la nouvelle résidence du souverain se trouve ainsi au point de jonction des routes qui unissent le Delta aux ports syro-phéniciens et à la mer Rouge) que du point de vue politique (à la capitale religieuse sise à Thèbes, où le clergé d'Amon est puissant, s'oppose désormais une autre capitale, centre politique, éloignée de l'emprise cléricale); de plus, Pi-Ramsès (Tanis? Qantir?), aux frontières mêmes de l'Asie, prend figure de capitale d'Empire, mi-égyptienne, mi- asiatique (ainsi, le quartier oriental de la ville est consacré à la grande déesse-mère de l'Asie antérieure, Ishtar, et le quartier occidental à celle du Delta, Ouadjet). Cette décision répond avec évidence à un souci de politique impérialiste raisonnée, et a l'avantage d'offrir une base commode pour les opérations militaires.

Dans le même esprit, Ramsès II développe son armée. Aux trois divisions déjà existantes (placées sous le patronage des dieux Amon, Rê et Ptah), il en adjoint une quatrième, que protège Seth, dieu oriental (proche de Baal ou de Soutekh, guerriers asiatiques, et souvent assimilé à ceux- ci). Des troupes noires sont levées en Nubie (corps d'archers), et des mercenaires sont recrutés parmi les prisonniers de guerre (shardanes, notamment). Dernière mesure de sagesse: des campagnes en Nubie et en Libye assurent la paix aux confins du sud et de l'ouest. Une guerre s'engage, qui va durer, suivant différentes phases, durant une vingtaine d'années. Ramsès remonte jusqu'à l'Oronte et livre, devant Kadesh, une grande bataille connue grâce à des sources précises: notamment le Poème de Pentaour (reproduit sur plusieurs papyrus, copié en hiéroglyphes sur les murs des temples de Louqsor, de Karnak, d'Abydos) et le rapport officiel de la bataille (sculpté en bas reliefs, accompagnés de légendes, sur les murs de plusieurs sanctuaires: à Thèbes, Abydos, Abou-Simbel, entre autres).

  Accueil principal du site Haut de page Copyright © Mythologica.fr
2001 - 2007
Impression fiche Courriel Suivant