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L'art des Aztèques, comme leur religion, est le résultat d'une synthèse. La tradition toltèque qui avait survécu dans certaines villes du plateau central comme Culhuacàn, le style « mixtéca-puebla » de Cholula, de Tizatlàn et de l'Oaxaca, et certaines influences d'origine plus lointaine, comme celle des Huaxtèques, se sont amalgamés en un ensemble original. Riche à la fois d'un symbolisme ésotérique et d'un vigoureux réalisme, l'art aztèque frappe par la puissance et l'énergie des formes, par la sûreté du dessin, par la hardiesse de la conception.

En architecture, les Aztèques n'ont guère innové; ils ont repris pour l'essentiel les thèmes de l'architecture classique et toltèque, c'est-à-dire la pyramide à degrés et le palais horizontal. Cependant, la juxtaposition de deux temples au sommet d'une pyramide unique, comme c'était le cas du Grand Teocalli de Mexico, avec les sanctuaires jumelés de Tlaloc et de Huitzilopochtli, est un trait typiquement aztèque. Les monuments circulaires, tels que les temples du Vent à Mexico et à Calixtlahuaca, relèvent d'une tradition étrangère à la civilisation classique : il s'agit là d'un emprunt à l'architecture huaxtèque. Les dimensions grandioses de certains édifices, comme le palais du Tlatoani à Mexico ou celui du roi de Texcoco, immenses bâtiments groupés autour de patios et de jardins, surpassaient tout ce qui avait été réalisé au Mexique auparavant. En outre, les Aztèques sont le seul peuple autochtone du Mexique qui ait taillé entièrement dans la roche vive, à Malinalco au sud de Cuernavaca, un temple avec ses statues et ses bas-reliefs.

La sculpture, dont il subsiste de très nombreuses œuvres en dépit des destructions massives dues à la conquête, présente un large éventail symbolique et stylistique, depuis les idoles et les bas-reliefs à thèmes religieux jusqu'aux statues. de personnages et d'animaux, en passant par les scènes historiques à la gloire des empereurs. Parmi les spécimens les plus connus qui se trouvent dans les musées du Mexique ou à l'étranger, on mentionnera la statue colossale de la déesse Coatlicue, extraordinaire chef-d'oeuvre macabre; les représentations du Serpent à plumes Quetzalcbatl; le «Calendrier aztèque », monolithe qui résume sur son disque les conceptions cosmologiques des anciens Mexicains; le « Teocalli de la Guerre sacrée », dédié au Soleil et au combat cosmique; une tête de dignitaire (« chevalier-aigle») qui évoque de façon frappante l'énergie des guerriers; la « Pierre de Tizoc », qui retrace les victoires du septième souverain; la stèle commémorative de l'inauguration du grand Temple, par Ahuitzotl, en 1487.

Les Aztèques ont fait revivre l'art du masque en pierre, qui avait été pratiqué avec virtuosité à l'époque classique (Teotihuacàn, Ve-Ville s.). Ils ont porté à un haut degré de perfection la sculpture et la ciselure des pierres semi-précieuses : jadéite, néphrite, serpentine, cristal de roche. D'admirables statuettes en portent témoignage, par exemple celle du dieu Tezcatlipoca (musée de l'Homme, Paris) ou celle de Xolotl (musée du Wurtemberg, à Stuttgart).

Trois grandes corporations d'artisans étaient spécialisées, à Mexico, dans les arts que nous appelons « mineurs » : les orfèvres, dont les merveilleux bijoux et ornements d'or et d'argent s'inspiraient surtout du style mixtèque de l'Oaxaca; les lapidaires, qui décoraient de mosaïque de turquoise, de grenat, d'obsidienne et de nacre les masques, objets cérémoniels, casques d'apparat; enfin les amanteca, ou plumassiers, dont les fragiles chefs d'oeuvre faits de plumes d'oiseaux tropicaux ornaient la coiffure et les vêtements des dignitaires ainsi que les idoles des dieux.

Il existait à Mexico deux catégories de peintres : ceux qui couvraient de fresques les murailles des palais et des sanctuaires, et ceux qui, scribes versés plans l'écriture hiéroglyphique, enluminaient les manuscrits religieux ou historiques. Certains de ces manuscrits, tel le Codex borbonicus (bibliothèque de l'Assemblée nationale, Paris), constituent des recueils de petits tableaux symboliques admirablement exécutés.

La littérature, surtout sous la forme de poèmes déclamés et chantés avec accompagnement de flûtes et d'instruments à percussion, présentait des genres nettement délimités : poèmes religieux d'une grande élévation, poèmes philosophiques, épopées historico-mythiques, odes lyriques, poèmes mimés et dialogués que l'on peut considérer comme un embryon de théâtre.
En outre, les Aztèques attachaient une importance extrême à l'art oratoire; toutes les circonstances importantes de la vie publique ou privée, depuis l'élection d'un souverain jusqu'au départ d'une caravane de négociants, étaient marquées par des discours pompeux et imagés.
Enfin, la danse tenait une large place dans les réjouissances familiales, dans les banquets et dans les cérémonies religieuses.

BIBLIOGRAPHIE. mythologica.fr

  • Dictionnaire des mythologies en 2 volumes d'Yves BONNEFOY, Flammarion, Paris 1999.
  • Mythes et mythologie de Félix Guirand et Joël Schmidt (Larousse 1996)
  • Dictionnaires et encyclopédies Larousse tous types et tous siècles.
  • Encyclopédie Universalis.
  • Dictionnaire de mythologie et de symbolique nordique et germanique auteur: R. J. Thibaud, éditeur: Dervy.
  • Encyclopédie de la mythologie d'Arthur Cotterell Edition Parragon 2004.
  • Encyclopédie illustrée de la mythologie de A. Cotterell et R. Storm. Editions de l'Orxois 2000.
  • Mythes et légendes du monde entier Editions de Lodi 2006.
  • Mythes aztèques et mayas de Karlk Taube Edition du seuil 1995








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